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Notre Histoire

 

L'Association Québécoise des Vétérans du Vietnam a été légalement constituée le 3 avril 1989. Son objectif principal est d'ériger un monument pour les Canadiens qui ont servi et ceux qui sont morts au Vietnam.La première parade de bienvenue pour les anciens combattants du Canada au Vietnam a eu lieu à St-Bernard-de-Lacolle, au Québec en 1988 près de la frontière canado-américaine. Plus de deux cents personnes participent à cette parade; les Américains Vétérans du Vietnam  et leur entourage honorent vingt-cinq vétérans du Vietnam canadiens en provenance du Québec et de l'Ontario.Un chapitre local de la Légion Canadienne prend part au défilé apportant aux Vétérans Canadiens du Vietnam leur soutien et leurs encouragements à l'érection d'un monument.Un régiment de l'armée américaine de Fort Drum, New York avec une garde d'honneur de la US Air Force à partir de Plattsburgh, NY prend part à la parade. Mme Violet (Pannozzani) Parker, directrice des opérations des affaires étrangères, assiste également à la parade en tant que ministre des affaires des anciens combattants canadiens. 

La Ville de St-Bernard-de-Lacolle donne à sa rue principale le nouveau nom suivant: "Le Chemin des Anciens combattants" en l'honneur des anciens combattants du Vietnam. Malheureusement, le monument n'est pas érigé dans cette ville, mais dans la ville de la Côte Sainte-Catherine. Moins de six mois après l'érection du monument, la ville de St-Bernard-de-Lacolle redonne à la rue principale son nom d'origine.

L'Association des vétérans du Vietnam au Québec est enregistré comme une organisation non lucrative avec la Commission des loteries du Québec. L'Association organise une tombola comme une campagne de financement. Quelques problèmes et des dépenses imprévues apporte à l'association une dette de 8000 $.

Gilles Sauvé, V.-P. vend l'idée à Jacques Gendron  de signer un prêt pour une moto, une Harley Davidson, dans le but de financer et de payer leurs dettes. La première année, l'AQVV recueille 33 000 $ pour la loterie de Harley Davidson, ce qu'ils ont continué à faire depuis.En octobre 1989, à Côte Sainte-Catherine, le Monument commémoratif inscrit le texte suivant: "Dédié à tous ceux qui ont servi, ceux qui sont morts et ceux qui sont portés disparus en action".

Cinq ans plus tard, le conseil municipal de la ville de Côte Sainte-Catherine conseille à l'AQVV que leur monument devra être transféré à un autre site à cause de l'expansion de leur hôtel de ville. L'AQVV trouve enfin un nouveau lieu de repos pour le monument, qui est situé à Melocheville Québec.

Le nouveau site a besoin d'être creuser considérablement pour construire les bases de son monument. A travers les week-ends d'été, les membres l'AQVV et ses bénévoles creusent cinq tonnes de roches, nivèlent 400 tonnes de terre, et sèment du gazon, afin d'installer la maçonnerie et d'ériger une base en béton pour le monument.

Le 15 octobre 1994, le nouveau site pour le monument de l'AQVV à Melocheville Québec est maintenant prêt pour sa nouvelle consécration. Près de 2000 personnes sont présentes pour cette importante cérémonie, qui ressemble aux cérémonies du Canada qui est tenu pendant la journée d'armistice. Le cérémonial dure deux heures et précisément à 3 heures, on pouvait entendre le bruit familier d'un hélicoptère Kiowa de l'aéroport St-Hubert qui approcha pour un survol à basse altitude. Dominic Rotondo est responsable de cette merveilleuse surprise!

Melocheville héberge aujourd'hui le premier Monument Mémorial de l'Association des vétérans du Vietnam au Québec. Depuis lors, tous les mois de Juillet une cérémonie de Vigil a lieu au site du monument et, pendant ce même week-end, nous traversons la frontière Américaine (Le Cross Border Run).

En 1993, l'AQVV décide de prendre part à la parade le jour de l'Armistice à Montréal, mais, les officiers de la Légion canadienne ont refusé notre participation. Un ami et partisan du Massachusetts, Bob Bolduc, encourage les anciens combattants à se joindre au défilé. L'AQVV est alors donné la permission de le faire; tard dans la soirée du 10 Novembre, les officiers de la Légion contactent le président de l'AQVV, Jacques Gendron, afin de leur donner la permission de se promener dans le défilé à condition que nous respections deux conditions:

Ces deux conditions sont: 1) Les anciens combattants du Vietnam doivent marcher derrière la parade et au-delà de tous les autres participants, les anciens combattants inclusivement. 2) L'AQVV doit poser sa couronne mortuaire sur le côté du monument cénotaphe de Montréal. Nous sommes plus ou moins d'accord sur ces conditions et quelqu'un fait le transfert de de la couronne et après le déjeuner quelqu'un d'autre le met en face du cénotaphe.

Les vétérans canadiens du Vietnam ne peuvent pas devenir membres d'honneur de la Légion royale canadienne. En juin 1994, lors du Congrès National Administration, quelqu'un propose que nous laissions les vétérans canadiens du Vietnam rejoindre la Légion royale canadienne à partir d'octobre 1994.

En juin 1996, le Musée canadien de la guerre ajoute une petite exposition de la guerre du Vietnam. Grâce aux anciens combattants du Vietnam, la population canadienne en découvre plus sur leur histoire au sein des services militaires canadiens et américains.

 

Puis le 27 octobre 2018, lors d’une réunion présidée par Stéphane Corbeil, président de l’AQVV, il est proposé par Serge Litalien et appuyé par Louis Lemire, que l’AQVV érige un monument avec les noms des 146 Canadiens qui ont servi dans les Forces Armées Américaines durant la Guerre du Vietnam et qui y ont laissé leur vie. Jacques Gendron et Gilles Sauvé s’occupent d’organiser une collecte de fonds extraordinaire et le 12 juillet 2019, le monument est inauguré en présence de nombreux dignitaires.

 

Au mois de juillet 2024, notre Monument est déménagé au `Club des Ainés Melocheville`, situé au 380 Boul de Melocheville, Beauharnois, QC J0S 1J0, à 1.2 kilomètre de l'ancien site. Il fut inauguré le 12 juillet 2024 lors de notre 35 ieme Cross Border Run. 


Aujourd'hui, l'AQVV participe à de nombreuses autres activités telles que les Rolling Thunder de Washington DC qui se déroule en Mai de chaque année et aussi à d'autres cérémonies et sorties.

S'il vous plaît prendre note de la documentation ci-après en ce qui concerne les anciens combattants du Vietnam au Canada:

Unknown Warriors par Fred Gaffen

I voluntereed: Canadian Vietnam Veterans Remember par Tracey Arial 

Cross Border Warriors par Fred Gaffen

Des livres dans lesquels vous pourrez en apprendre un peu plus sur ces Canadiens et Américains qui ont traverséa la frontière afin de rejoindre l'armée américaine pendant la guerre civile, les Première et Seconde Guerres mondiales, en Corée et au Vietnam.

 

 

Tout le monde a une histoire. Voici celle d'Arthur Diabo

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À 18 ans, Arthur Diabo s’est envolé pour le Vietnam, avec un contingent d’infanterie des Marines américains. Lorsqu’il en est revenu, six mois plus tard, il avait perdu l’usage de son bras gauche. 

« Ça avait toujours été mon rêve, de rejoindre l’armée et d’entrer dans les Marines », raconte le vétéran mohawk de 76 ans, de Kahnawake. En 1967, il vivait avec ses parents à Brooklyn, où son père était monteur sur les structures d’acier, comme des générations de Mohawks de sa communauté. Arthur travaillait dans une usine de New York, et s’ennuyait dans son emploi. 

En tant que membre d’une Première Nation, et en vertu du Traité de Jay, reconnu par les États-Unis, Arthur Diabo pouvait s’enrôler aussi bien dans l’armée canadienne que dans l’armée américaine. Et l’armée américaine offrait des avantages financiers, et « pratiquait moins de discrimination envers les Autochtones que l’armée canadienne », dit-il. Le jeune Diabo et son frère s’inscrivent, l’un dans les Marines, l’autre dans l’aviation, et passent à travers les différentes étapes de l’entraînement. « Tu vas au camp d’entraînement pour deux mois. Tu fais ensuite l’entraînement supplémentaire, et celui de l’infanterie », raconte Arthur Diabo. « Ensuite, ils te donnent un code MOS [military occupational specialty code], qui détermine ce que tu vas faire. Mon code MOS me désignait à l’infanterie. » 

L’infanterie, c’est le contingent de soldats qui se battent à pied, sur le terrain. C’est une mission dangereuse, plus dangereuse que l’aviation, dans laquelle son frère a travaillé. Mais à l’époque, les États-Unis étaient toujours en position favorable au Vietnam. « Je savais ce que je m’en allais faire là-bas, se souvient Arthur Diabo. Et je voulais y aller. » 

La brutale réalité des combats 

C’est sur le terrain que la brutalité de la guerre le rattrape, lorsqu’un ami explose à côté de lui. « La réalité du combat s’installe très vite, après l’expérience du premier décès. C’était un ami, même si je ne le connaissais pas depuis très longtemps. Il a marché sur une mine. On appelait ces mines des “bouncing betty”. Et ça l’a carrément coupé en deux. Tout ce qu’il restait, c’étaient ses deux jambes. C’était une expérience très traumatique pour un jeune de 18 ans. Mais c’était la réalité de la guerre. Tu es en vie et en santé, et une minute après, tu es disparu », rappelle-t-il. 

Les combats, eux, suivent leur cours. Arthur Diabo est blessé une première fois à la main par un shrapnel, un obus rempli de balles qui se répandent avec l’explosion. « C’était en mai 1968 », se souvient-il. Sa seconde blessure, la plus grave, est survenue en juin : une balle dans le bras, tirée par l’ennemi. Arthur Diabo tombe dans une rizière, et les rizières sont souvent fertilisées avec des excréments humains au Vietnam. « Quand vient la saison des pluies, la rizière se remplit d’eau. Cela devient très infectieux », précise-t-il. 

« Je n’ai été évacué que le lendemain. À cause de la bataille qui faisait rage, les hélicoptères ne pouvaient pas venir nous chercher, nous étions plusieurs Marines blessés. Donc, l’infection a empiré. J’ai été envoyé à l’hôpital au Japon. Je suis resté quelques nuits, et puis ils m’ont renvoyé aux États-Unis ». Depuis, Arthur Diabo n’a récupéré que 30 % de l’usage de son bras gauche. 

Retour à Kahnawake 

« J’ai essayé d’aller travailler dans l’acier, mais ça n’a pas fonctionné », dit-il. C’est dans la communauté mohawk de Kahnawake, où il a vécu jusqu’à l’âge de 13 ans, qu’Arthur Diabo est finalement retourné et où il vit encore aujourd’hui. « J’ai trouvé du travail dans la communauté. J’ai travaillé pour les services communautaires, les services sociaux. » 

Avec le temps, il en est venu à voir des similarités entre son peuple, la nation mohawk, et les Vietnamiens contre lesquels il s’est battu au nom de l’armée américaine. « Au fil des ans, ma perception de cet ennemi a changé, dit-il. Les Vietnamiens se sont battus pendant des siècles. Ils se sont battus contre les Chinois. Ils se sont battus contre les Japonais. Ils se sont battus contre les Français. Tout le monde s’est disputé leur territoire », dit-il. Cette perception est devenue plus vive encore au moment des événements d’Oka de 1990, dit-il, lorsque la Sûreté du Québec puis l’armée canadienne ont envahi le territoire de Kanesatake, lui rappelant comment l’armée américaine avait envahi le Vietnam à l’époque. « La Sûreté du Québec et l’armée canadienne sont venues sur notre territoire et nous ont attaqués. Nous ne les avons pas attaquées. » 

Comme la plupart des vétérans de la guerre, Arthur Diabo souffre du syndrome de stress post-traumatique. « Cette histoire d’avoir été à côté de ce gars qui a sauté sur une mine, c’est quelque chose que personne ne veut vivre dans sa vie. Mais un Marine de combat peut le voir 10 à 15 fois durant son service. C’est beaucoup trop. Après, les gens réagissent différemment au stress post-traumatique. Les symptômes dépendent du trauma. Il y a des choses qu’on évite, des environnements, des odeurs, des climats qui peuvent déclencher des réactions », dit-il. Positif, il se réjouit de la rente de vétéran des États-Unis qu’il a reçue depuis la guerre, et qui lui permet de jouir d’un taux de change avantageux. 

Du Kahnawake de son enfance, il se souvient du temps où la communauté vivait au bord du Saint-Laurent, avant la construction de la voie maritime. Celle-ci, édifiée dans les années 1950 pour permettre le passage de davantage de bateaux sur le fleuve, a coupé la communauté de Kahnawake de l’accès direct au fleuve. « À l’époque, raconte-t-il, dans un recueil de souvenirs d’aînés récoltés par la communauté, les femmes de la communauté se retrouvaient au bord du fleuve par temps doux. On n’avait pas besoin de journaux parce que beaucoup d’information circulait entre ces femmes. Elles parlaient en mohawk des dernières nouvelles et des potins de la communauté. Enfant, je comprenais le mohawk, mais je bégayais et je manquais d’assurance pour parler directement avec les gens dans cette langue. » 

La majorité des Mohawks de Kahnawake qui s’enrôlent dans l’armée le font dans l’armée américaine, même si certains le font aussi dans l’armée canadienne. Pourtant, dans le contexte actuel, au milieu des tensions entre le Canada et les États-Unis, Arthur Diabo croit qu’il ne s’enrôlerait plus sous le drapeau étoilé. 

VOICI L'HISTOIRE DE JACQUES GENDRON

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À GAUCHE
Jacques Gendron  Président Fondateur
À DROITE
Gilles Sauvé
 
Vice-Président Fondateur

TEXTE DE ​

Yanick Michaud

Journaliste

 ymichaud@gravitemedia.com

 450-374-0499

Pour Jacques Gendron qui a servi au Vietnam sous le drapeau américain, il est important de se souvenir des Québécois et des Canadiens qui ont été dépêchés lors de cette guerre pour se substituer aux Américains qui avaient fui.

« Les Américains prenaient les Québécois et Canadiens qui se présentaient parce que les Américains n’aimaient pas cette guerre et ne voulaient pas y aller. 

Cette guerre n’était pas populaire. Nous remplacions ceux des États-Unis qui de leur côté avaient fui, pour la plupart en Ontario. On parle d’au moins 50 000 déserteurs », lance le Campivallensien d’origine qui a passé un an au Vietnam de mars 1964 à mars 1965.

À son retour, il a subi du stress post-traumatique et ne trouvait pas vraiment d’oreille attentive. Il a décidé de fonder l’Association québécoise des Vétérans du Vietnam en 1989. « Il y a plus de 5000 Québécois et 30 000 Canadiens qui se sont battus au Vietnam et les gens d’ici n’avaient pas de sentiments par rapport à cette guerre. Nous ne pouvions en parler. Surtout de ceux qui sont disparus là-bas, qui sont morts sur le champ de bataille », plaide l’ancien maire de Maple Grove.

Un monument pour les disparus

Jacques Gendron décide alors de faire ériger un monument pour se souvenir. Celui-ci est d’abord installé à Saint-Bernard-de-Lacolle avant d’être déplacé à Sainte-Catherine. Peu de temps après, on décide de rénover le site et en 1989, c’est Melocheville qui accepte de recevoir la stèle.

« Il y a 146 noms d’inscrits, des gars missing in action, de jeunes soldats qui ont laissé leur vie là-bas ou dont les corps n’ont jamais été retrouvés », lance Jacques Gendron, en compagnie de Gilles Sauvé, qui lui donne un coup de main dans l’Association qui compte une centaine de membres et qui organise des manifestations pacifiques lors de jours où l’on doit se souvenir.

Le 11 novembre en est un. « Il y a aussi en juillet, une vigile au cours de laquelle on nomme les noms de chacun des 146 disparus. Il y a la Cross Border Run, une randonnée de moto qui permet aux Américains et aux Canadiens de se souvenir ensemble », plaide Gilles Sauvé, dont le père était américain et est venu travailler au Canada.

Un Châteauguois parmi les victimes

Alors que l’on peut maintenant, depuis la dernière année, se recueillir à Melocheville sur ce cénotaphe, dans un lieu solennel aménagé près de l’ancien Hôtel de Ville, il est bon de se souvenir qu’un enfant de Châteauguay a combattu au Vietnam, à Binh Dinh et qu’il est décédé le 4 mars 1971.

Gary Butt n’avait pas tout à fait 20 ans quand, entouré de soldats américains, il est mort au champ d’honneur. Le Sergent-chef Butt est maintenant enterré au cimentière Christ-Roi de Châteauguay. Il a reçu de manière posthume, la Médaille de l’étoile de bronze pour sa bravoure, avec la distinction de combat, en reconnaissance de son courage exemplaire au combat. Il a servi en tant que parachutiste.  

Pour Jacques Gendron, le monument des Vétérans québécois du Vietnam est un devoir de mémoire et les gens devraient savoir qu’il existe. « Nous avons des projets pour mieux faire connaître l’endroit, mais tout est une question d’argent. Nous avons une Fondation pour récolter les dons et nous devons survivre pour ne pas oublier que les gens se sont battus et certains ont perdu leur vie », conclut-il.

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Conception Jalu-Cine et Serge Litalien

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